Crozon-Finistere- linky il y a de l'électricité dans l'air

Crozon-Finistère- Linky il y a de l’électricité dans l’air

Destinée à apaiser les tensions naissantes sur la pose des compteurs Linky en Presqu’île, la réunion publique organisée, jeudi soir, par les élus communautaires, en présence de représentants d’ErDF, n’a pas eu l’effet escompté. Loin s’en faut. Déjà que le courant avait du mal à passer entre pro et anti « compteurs intelligents », désormais, la ligne semble coupée.

« On nous prend pour des cons. On aurait mieux fait de ne pas venir ; on n’est pas plus avancés ! » Voilà le sentiment qui prévalait à l’issue de la réunion publique organisée, jeudi soir, par les élus communautaires, sur le thème des compteurs électriques Linky, en présence de représentants d’ErDF. Du moins chez celles et ceux qui ont pu y assister. Car force est de constater que la Maison du temps libre s’est avérée bien trop petite pour accueillir tous ceux qui se sentaient concernés par cette campagne de modernisation du réseau électrique actuellement en cours en Presqu’île. En effet, seules 300 à 400 personnes, serrées comme des sardines en boîte, ont pu entrer, tandis qu’au moins autant ont fini par prendre la tangente faute de place… Une assemblée déçue, donc. Voire agacée de ne rien avoir appris. Mais encore eût-il fallu écouter… Car pendant une heure et demie, c’est un vent de fronde de force 10 qui a soufflé dans la salle sans discontinuer. À tel point que si on y avait installé des éoliennes, elles auraient permis d’alimenter la Presqu’île en courant pendant un mois…

Dialogue de sourds

Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir sur ce compteur Linky qui cristallise tant de tensions, on a quand même la fâcheuse impression que Didier Fleurant, directeur départemental d’ErDF, Jacques Monfort, du Sdef ou encore Jean-Christophe Marchadour, d’ErDF Presqu’île, sont tombés dans un guet-apens. Dans un climat délétère, ils ont tenté de faire face au déluge de questions qui s’est abattu sur eux. Tantôt sur le thème du risque sanitaire, tantôt sur celui de l’argent (ma facture va-t-elle augmenter ?), ou encore ceux de l’emploi et de la protection des données de consommation, chacun voyant midi à sa porte. Mais, constamment coupés, ils ont rarement pu y répondre entièrement. Ou de façon claire. Un vrai dialogue de sourds. Sur la défensive tout au long de la réunion, ils ont inlassablement répété le même message : le compteur Linky, « testé par des laboratoires indépendants, n’émet pas d’ondes et n’est pas dangereux pour la santé ». Et d’arguer du fait qu’ils en ont déjà installé près de 400.000 en France et que tout se passe bien. « On ne le déploie pas pour le plaisir mais pour moderniser le réseau, le rendre intelligent. Parce qu’on nous l’a demandé en tant que distributeur. C’est la loi relative à la transition énergétique qui l’exige ». Mais c’était sans compter sur le collectif « Stop Linky Presqu’île » et quelques particuliers visiblement très bien documentés, qui ont laissé entendre que le rayonnement du CPL (courant porteur en ligne), technologie utilisée par les compteurs Linky, était potentiellement cancérigène. « Potentiellement. Au même titre que le café et les légumes marinés », a ironisé Didier Fleurant, précisant que le CPL était une technologie utilisée depuis plus de 50 ans. « Si vous avez les heures creuses, vous avez déjà du CPL chez vous. » Levée de boucliers et sifflets dans la salle.

Refus pas sanctionnés

Dans un brouhaha indescriptible, ce qui explique sans doute que Daniel Moysan, président de la communauté de communes, avait tout compris de travers, ErDF a aussi rappelé que le changement de compteur était obligatoire. « Mais on ne forcera personne. Il n’y aura pas d’amende. On est là pour essayer de vous convaincre », a lâché Didier Fleurant. Et d’imager son propos : « Vous voulez rester avec un vieux téléphone ou avoir un smartphone ? » Réponse boomerang : « Ça n’a rien à voir. Pour le téléphone, on a le choix. Là, vous nous imposez quelque chose dont on ne veut pas car personne ne peut nous garantir son innocuité. » « Nous sommes pour le progrès, mais pour un progrès maîtrisé », a résumé Louis Ramoné, maire de Lanvéoc, qui ne veut pas de Linky sur son territoire.

Un référendum local ?

En fin de réunion, une femme a carrément réclamé un référendum local. Mais pourquoi pas finalement ? Car Daniel Moysan a été clair sur le sujet : les élus ne se mouilleront pas. « Ne nous demandez pas de prendre une décision sur quelque chose qui nous dépasse ! », a-t-il déclaré. Et ce au plus grand étonnement des représentants d’ErDF, qui assurent communiquer sur Linky depuis trois ans dans les intercommunalités. Toujours est-il qu’en cas de référendum, toutes les informations (aspects techniques, sanitaires, financiers…) seront nécessaires pour pouvoir se prononcer sereinement sur le sujet. D’où l’intérêt de vrais débats.

 

Source: http://www.letelegramme.fr/finistere/crozon/compteurs-linky-il-y-a-de-l-electricite-dans-l-air-06-02-2016-10948607.php

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